Déconfinement, la prise de température n'est pas un indicateur fiable !

Santé
7/05/2020

Le jeudi 30 Avril 2020, l'avis du Haut Commissariat de la Santé Publique (HCSP) a été  publié sur la prise de température pour le "Contrôle d'accès par prise de température dans le cadre de l’épidémie à Covid-19".

En résumé cet avis dit :

« Dans le contexte de l’épidémie à Covid-19, le HCSP évalue la pertinence de mettre en place un contrôle d’accès, par prise de température, dans les établissements recevant du public (ERP), les entreprises et administrations, les points d’entrée du territoire, au départ et à l’arrivée des avions, les établissements médico-sociaux, les lieux de détention, … Après analyse des données disponibles notamment épidémiologiques, des textes juridiques, le HCSP recommande de :

  • Ne pas mettre en place un dépistage du Covid-19 dans la population, par prise de température, pour un contrôle d’accès à des structures, secteurs ou moyens de transport ;
  • Informer la population sur le manque de fiabilité de cette mesure systématique de la température ;
  • Rappeler l’intérêt pour les personnes de mesurer elles-mêmes leur température en cas de sensation fébrile, et plus généralement devant tout symptôme pouvant faire évoquer un Covid-19, avant de se déplacer, de se rendre sur leur lieu de travail, de rendre visite à un résident dans un Ehpad ou à une personne à risque de forme grave à domicile, de se rendre en milieu de soins, en milieu carcéral, ou dans tout ERP… ;
  • Privilégier l’autosurveillance, la déclaration spontanée et la consultation d’un médecin en cas de symptômes évocateurs de Covid-19.
  • Développer des fiches d’information à l’attention de la population générale et des publics spécifiques (notamment EHPAD, milieu de soins, milieu carcéral…) ;
  • Insister sur la notion de responsabilité individuelle et l’importance primordiale du respect des mesures barrière. »

De plus, après analyse du service juridique et RGPD du CDG38, voici nos préconisations :

L'employeur est responsable de la santé et de la sécurité des agents et doit à ce titre mettre en œuvre des actions de prévention des risques professionnels, des actions d’information et de formation, et enfin mettre en place une organisation et des moyens adaptés.

Toutefois, les employeurs ne peuvent pas prendre des mesures susceptibles de porter atteinte au respect de la vie privée des personnes concernées, notamment par la collecte de données de santé qui iraient au-delà de la gestion des suspicions d’exposition au virus. Ces données font en effet l’objet d’une protection toute particulière, tant par le RGPD que par les dispositions du Code de la santé publique.

Ainsi, comme le rappelle la CNIL, les employeurs ne peuvent pas pratiquer des relevés quotidiens et obligatoires des températures corporelles de chaque agent.

 

En revanche,  l'employeur peut :

  • sensibiliser et inviter ses employés à effectuer des remontées individuelles d’information les concernant en lien avec une éventuelle exposition, auprès de lui ou des autorités sanitaires compétentes ;
  • faciliter leur transmission par la mise en place, au besoin, de canaux dédiés ;
  • favoriser les modes de travail à distance et encourager le recours à la médecine du travail.

Chaque employé/agent doit pour sa part mettre en œuvre tous les moyens afin de préserver la santé et la sécurité d'autrui et de lui-même (article L.4122-1 du Code du travail) : il doit informer son employeur en cas de suspicion de contact avec le virus.

Lien "les rappels de la CNIL sur la collecte de données personnelles"